El Nido la majestueuse : L’odyssée de Palawan

Si Boracay est la tumultueuse, El Nido est la majestueuse. C’est ici, entre ces falaises de calcaire noir qui déchirent le ciel et des lagons d’un bleu presque indécent, que nous avons poursuivi notre périple. Dans la lignée de ce voyage, la dynamique est restée fluide, portée par cette sensation de liberté sauvage que seul l’archipel de Palawan sait insuffler.
Un basculement vers l’azur

Le voyage lui-même est une transition vers l’aventure. Pour quitter Boracay, nous avons embarqué dans un « petit coucou » d’AirSwift, un avion de moins de vingt places qui semble flotter dans l’azur. L’arrivée sur la piste privée de Lio Airport, bordée de palmiers, donne immédiatement le ton : nous changeons de dimension.
La course contre la montre
Le voyage est une leçon d’adaptation permanente. Alors que nous étions en pleine immersion dans la beauté d’El Nido, les nouvelles du climat viennent bousculer nos plans : des risques d’inondations sont annoncés.

Inquiets pour la suite de notre périple, nous prenons immédiatement la décision d’aller prendre des informations dans une agence pour les ferrys vers Coron. Le verdict tombe, sans appel : on nous annonce qu’en raison de la météo, il sera impossible de prendre la mer le 25 février. Le dernier ferry disponible part le 24. Cette contrainte climatique nous oblige, le cœur serré mais la tête froide, à écourter notre séjour à El Nido d’une journée complète pour ne pas rester bloqués.
À cet instant précis, le temps s’accélère. Ce contretemps aurait pu gâcher la fête, mais il a agi comme un électrochoc. Chaque heure reste est devenue plus précieuse, chaque vue plus intense. Cette contrainte a validé tous nos choix stratégiques : pour voir l’essentiel sans sacrifier la qualité malgré ce départ précipité, il fallait impérativement sortir des sentiers battus.
L’exploration terrestre, cap au Nord

Face à l’urgence, nous avons maximisé notre exploration par voie terrestre, louant un van privé pour fuir la foule. Nacpan Beach et les Twin Beaches se sont offertes à nous après la route. En prenant de la hauteur, nous avons embrassé cette immense étendue de sable doré. En choisissant cette approche, nous avons profité de ces panoramas exceptionnels à notre rythme, optimisant chaque minute.
Nacpan Beach et les Twin Beaches

L’odyssée en Speed Boat

C’est ici que le choix du speed boat privé a pris tout son sens. Avec cette journée de moins au compteur et la menace météo qui planait, nous ne pouvions pas nous permettre de dépendre des tours collectifs lents et bondés. Le speed boat a été notre machine à remonter le temps.



Miniloc Island : De la crête au lagon


Nous arrivons dans le Small Lagoon et nous empruntons un canoë pour en faire le tour. Les parois escarpées s’élèvent autour de nous dans un calme majestueux. Ensuite, nous nous rendons dans le Secret Lagoon : un petit passage dans la roche nous mène vers un lieu idyllique. Seuls au monde, filmés par notre skipper, nous avons profité de cet instant magique. Nous avons enchaîné sur l’intimité du Big Lagoon, savourant ces lieux iconiques avant que la marée humaine n’arrive.
Un lunch à Shimizu Island
C’est ici, au Nord de l’île, que Shimizu nous a offert son visage le plus pur. Avant de marquer le pas du déjeuner, le capitaine nous dépose sur une plage totalement isolée. Le silence. Vraiment seuls, dans un paysage à couper le souffle. Pas une trace de pas, juste le ressac et nous. Un moment de pureté sauvage, une parenthèse de rareté absolue avant que la journée ne reprenne son cours.

Au zénith, le rituel du déjeuner s’installe. C’est ici, sublimé par le service impeccable de notre équipe, que la journée prend tout son sens. Pendant que nous profitions des eaux cristallines, le skipper et son équipe s’affairaient avec une efficacité impressionnante pour dresser une table magnifique à même le sable, à l’ombre des falaises. Au menu : un festin de la mer, poissons grillés, crevettes, mangue sculptée. Manger les pieds dans l’eau, face à ce décor de carte postale, reste l’un des souvenirs les plus authentiques de la journée. Shimizu, c’est aussi l’aquarium naturel : sous l’eau, le ballet des poissons tropicaux entre les rochers est un spectacle silencieux et vibrant.
Mais Shimizu, c’est aussi le paradis du snorkeling. Dès que l’on plonge la tête sous l’eau pour digérer, on entre dans un aquarium à ciel ouvert. Les récifs coralliens regorgent de vie : des bancs de poissons tropicaux multicolores se faufilent entre les rochers. La visibilité était telle que nous avons passé de longues minutes à observer ce ballet silencieux.
Le revers de la médaille : Voyager avec l’adénomyose
Pourtant, malgré la magie des paysages, la réalité physique finit par nous rattraper. Le soir du 23 février, alors que nous aurions dû célébrer nos dernières heures à El Nido, je me suis sentie brusquement mal. Mon adénomyose, une maladie qui m’accompagne au quotidien, a décidé de battre son plein. Exacerbée par la fatigue du voyage, les douleurs sont devenues envahissantes.
J’étais totalement « down », incapable de profiter d’une partie de la soirée. C’est aussi ça la réalité d’une voyageuse : des moments de vulnérabilité où la maladie impose son propre rythme, nous rappelant que derrière l’aventure et l’énergie dépensée à tout manager, le corps a parfois besoin d’une pause forcée. Cette soirée au calme était une nécessité pour affronter notre départ anticipé le lendemain.
Réflexions à mi-parcours : L’appel de la Bahay Kubo

Nous voilà à la moitié du voyage. C’est un moment charnière où les pensées se mêlent, se bousculent, et finissent par se poser. Loin de la routine du service management et des urgences IT, une question vertigineuse émerge : au fond, pourquoi travaillons-nous ?
L’image qui vibre le plus fort dans ma tête en ce moment n’a rien à voir avec un plan de carrière ou un backlog optimisé. Je m’imagine vivre ici, tout simplement. Une petite Bahay Kubo face à l’immensité turquoise, un petit bateau amarré devant pour aller pêcher de quoi se nourrir. Une vie débarrassée de l’accessoire pour ne garder que l’essentiel : la nature, la lumière et le temps.
Pourquoi passons nous autant de temps à structurer des projets alors que la vie pourrait être cette quête de découverte perpétuelle ? Découvrir la terre, les cultures, et surtout, se redécouvrir soi-même au contact des éléments. C’est une existence pour laquelle je me sens prête. Ce voyage n’est pas qu’une parenthèse, c’est une révélation : la véritable richesse est dans la liberté de se réveiller face à un lagon et de réaliser que le monde est notre seule véritable demeure.
Où dormir à El Nido ? Mon avis sur la VillaMM
Dès notre arrivée, nous nous installons à la VillaMM, un petit bijou niché au cœur du village. Cette petite maison avec sa piscine privée offre un contraste saisissant avec la vie locale qui l’entoure. C’est une immersion totale : les rires des enfants qui jouent dans les alentours résonnent comme une bande-son joyeuse. Ce voisinage vibrant nous a poussés à un geste de partage tout naturel ; nous avons distribué des chocolats et des produits de première nécessité à tous ces petits visages curieux.
Pourquoi El Nido reste inoubliable
Malgré cette journée perdue à cause des risques d’inondations et ce combat contre l’adénomyose le dernier soir, El Nido ne nous a pas laissé un goût d’inachevé. Au contraire, cette urgence nous a poussés à vivre chaque escale avec une intensité décuplée. Nous n’avons pas seulement vu El Nido ; nous l’avons conquis, pied à pied, lagon après lagon.
Votre dévouée Ninve,


